MUSIQUE ET SOCIÉTÉ



LA MUSIQUE DISCO, HISTOIRE, RÉVÉLATIONS ET CONTEXTE

Le symptôme semble clair : boum - boum - boum. Nous voici en présence d’un mal mystérieux qui envahit la France des années 70. Le disco tourne en effet sur les platines des boîtes de nuit durant des heures. Le phénomène est contagieux et ne touche pas seulement les plus jeunes, mais toute la société…


LE DISCO DANS LA FRANCE DES ANNÉES 70

Le Disco : un vent de folie, une fièvre qui se développe à travers des mots simples comme liberté et plaisir. Avec le recul, des questions se posent, et dont la première serait de définir ce qu’est « Le Disco »… Un phénomène de société ? Sans aucun doute ! Une forme musicale ? Des critiques le prétendent. Un art de la « récupe » ? Certainement, car il est bien rare qu’un art majeur ou mineur ne trouve pas d’inspiration dans des idées appartenant au passé.

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Depuis bien longtemps, chaque nouvelle génération a trouvé dans les « arts naissants » un prétexte pour s’opposer aux codes et principes établis. Dans ce sens, la musique a maintes fois prouvé son efficacité pour se libérer, pour nous permettre de nous « éclater » comme nous disons souvent, voire pour livrer quelques messages au passage. La musique disco n’échappe pas, elle aussi, à cette refonte des idées et des comportements tout en suivant le chemin des pistes de danse, sa place légitime.

En France, au cœur des années 70, cette échappatoire est salutaire. Le pays connaît en effet son premier choc pétrolier, et le chômage de masse commence à faire parler de lui. La jeunesse, qui est en demande de changement moins de 10 ans après les événements de Mai 68, se trouve en face d'un avenir qui s'annonce morose et ombrageux. Au fond, tout ce qu'elle souhaite, c'est entrevoir un horizon plus radieux !

Le nouveau président en place, Valery Giscard d’Estaing, se veut moderne, réformateur. Durant son septennat, de 1974 à 1981, le volontaire rénovateur d’une France encore congestionnée fera de son mieux pour désamorcer de nombreux points délicats. À ses yeux, la jeunesse est prioritaire. Elle est « synonyme de gaieté et d’avenir », dira-t-il en autorisant le passage de la majorité de 21 ans à 18 ans dès son arrivée au pouvoir.

Alors que le rock’n’roll et les yéyés se sont éloignés, et que la France danse encore au son de l’accordéon dans les bals (mais si !), des artistes français vont se rapprocher de cette musique venue des States jusqu'à lui accorder une place toute particulière.

Désormais la musique s'écrit en cinq lettres magiques : D.I.S.C.O ; une musique simple et directe avec un rythme hypnotique et des mélodies entêtantes.


LA MUSIQUE, MAIS PAS SEULEMENT

Le disco ne sera pas seulement un phénomène musical, mais aussi vestimentaire. À la fin des années 70, les codes de la mode explosent. « Et à quoi reconnaît-on le parfait disco-man ou la jeune femme au look branché qui danse en discothèque ? » En fait, c’est assez simple ! Pour les femmes : un bustier à paillettes légèrement entrouvert, une robe courte, un short ou un pantalon moulant, des chaussures à grosses semelles épaisses, et de préférence une coupe en brosse pour les cheveux. Pour les hommes : un pantalon à « pattes d’eph » qui moule la taille, une chemise avec col « pelle à tarte » ouverte sur le torse, et des chaussures à talonnettes pour gagner quelques centimètres.

L’idée de ces tenues est de se faire remarquer en osant porter des strass, des vêtements de différentes couleurs qui brillent quand on danse sous les projecteurs de la piste de danse. Dans les années 70, les femmes se libèrent encore un peu plus, tandis que les homosexuels continuent de revendiquer leur liberté sexuelle. Bref, les mœurs évoluent. Patrick Juvet l’a bien compris quand il chante « Où sont les femmes ? » (1979) : Elles portent un blouson noir / Elles fument le cigare / Font parfois un enfant / Par hasard / Et dès que vient le soir / Elles courent dans le néant / Vers des plaisirs provisoires.



ET QUE VIVE LE DISCO !

Pour beaucoup de gens, le disco se résume à un rythme simple et carré qui fait boum – boum - boum… Il est si significatif que plusieurs artistes bataillent pour revendiquer la paternité. « Ne serait-ce pas le batteur Cerrone ? ». Oui, peut-être, toutefois expliquer ce qu’est la musique disco à travers la nature de son rythme est certainement insuffisant, car ce serait sous-évaluer la portée de tout le reste.

Même si quelques instrumentaux ont du succès, la musique disco place toujours en avant le chant, avec une accroche qui lui permet d’avoir toujours une longueur d’avance sur les musiques concurrentes. D’autre part, contrairement au rock’n’roll qui l’avait espéré vingt ans auparavant, la musique disco n’a jamais vraiment cherché à créer de rupture avec les codes de la société bourgeoise.

Tout dans le disco est une question de cadrage et de dosage. Les mélodies doivent s’habiller d’harmonie, de chœurs et d’arrangements sophistiqués. La rythmique doit groover comme pas deux avec un beat de batterie simple, très présent, et accompagnée d’une basse qui fait corps. Tout doit converger pour donner envie de se lever et aller danser.


CERRONE : SUPER NATURE
Un titre déclencheur au rythme très disco


Le signal le plus significatif et représentatif du phénomène disco interviendra en 1977 avec le film « La fièvre du samedi soir » et sa BO. Outre la révélation d’un jeune acteur : John Travolta et d’énormes retombées à l’international, le film synthétise parfaitement la portée sociétale du phénomène : ses mœurs, ses vêtements, ses looks, jusqu’au mobilier coloré aux formes arrondis et si caractéristiques de l’époque. Quant à la BO - qui rapportera bien plus que le film (ce qui est très rare) -, on la doit en partie aux chansons des Bee Gees (« Stayin’ Alive », « Night Fever », « You Should Be Dancing », etc.).


LE DISCO « MADE IN FRENCH »

Au milieu des années 70, le disco s’installe chez nous. La France n’échappe pas au raz-de-marée qui submerge radio, télévision et discothèque. Hypnotique, d’une folie communicative, jeunes et moins jeunes tombent sous le charme de cette musique venue des États-Unis.

Alors que des « artistes installés » comme Sardou ou Hallyday tournent le dos à cette musique qui, visiblement, ne les passionnent pas, Dalida sera la première à lancer le signal de l’offensive. Avec le disco tout peut arriver, même l’adaptation de la célèbre chanson des années 30 chantée par Rina Ketty, « J’attendrai » que la chanteuse interprètera dès 1975.

De son côté, Sheila, qui reste encore une artiste populaire dans le cœur des français, revient en France après avoir séjourné aux États-Unis. Sous le nom de « Sheila B. Devotion », elle vient lancer sur les ondes sa chanson « Love Me Baby » en 1977. La chanteuse arrive transformée et au bon moment pour réussir son coup médiatique. La jeune femme totalement épanouie fera de ce titre chanté en anglais un de ceux qui se dansera le plus sur les pistes de danse cette année-là, en France, mais aussi à l’étranger.

Claude François, perfectionniste à souhait, appréhendera le genre avec plus de subtilités, notamment dans les textes. Cloclo ne pouvait pas, en effet, passer à côté de cette musique si symbolique des années 70 sans y apporter sa touche personnelle. Des chansons comme « Magnolias for Ever », « Je vais à Rio » jusqu’à « Alexandrie, Alexandra » (qui sortira quelques semaines après sa disparition), deviendront des titres en puissance et démontreront tout le potentiel créatif et visionnaire de l’artiste disparu.

Derrière les paillettes, les décors « boîte de nuit », le rythme entraînant et les mélodies faciles, Dalida, Sheila et Claude François joueront leur rôle à fond en s’entourant de danseurs et danseuses. Pour ces artistes-là, les chansons à la sauce disco ne devaient pas être seulement de simples mélodies rythmées, mais bien plus, en offrant au public des chorégraphies aux pas de danse très étudiés.

Quant aux artistes de la nouvelle génération (Patrick Juvet, Patrick Hernandez, Karen Cheryl...), qui avaient construit leur envol au moment où le disco était à son apogée, tous ou presque verront leur carrière décliner dès que le mouvement perdra de sa vigueur au début des années 80.


UNE AUTRE FACON D’ÉCOUTER DE LA MUSIQUE

Du jeune artiste Patrick Juvet jusqu’à Line Renaud (« Copacabana » - 1978), plus que jamais le disco revendique son pouvoir attractif et commercial. Or, si le goût de certaines chansons ou de quelques reprises de rengaines oubliées sont parfois discutables - pour ne pas dire condamnables -, le disco apporte quelques transformations dans la façon d’écouter la musique. Ainsi, le fameux titre standardisé de « 3 minutes », si répandu, explose pour laisser place à des inflations dépassant les 10 minutes.

Le « maxi 45 tours » tourne désormais sur les platines des disc-jockeys. Pour le public, c’est une toute nouvelle façon d’écouter de la musique. La plupart des titres disco naissent avec une version courte et une autre plus longue destinée aux pistes de danse. On mixe et remixe jusqu’à outrance. D’autres musiques s’emparent du phénomène. Rappelons-nous le célèbre « Sex Machine » de James Brown qui semblait avoir atteint les limites avec ses 11 minutes.

Le principe reste simple : on fait le maximum… mais avec un minimum de « matériaux sonores » ! Depuis, cette façon de procéder n’a pas disparu, bien au contraire. La musique électronique des années 90 (la techno) va utiliser cette façon de procéder et prouvera qu’il est même possible d’en « jouer » jusqu’à plus soif, caricaturant en quelque sorte le procédé grâce aux séquences rythmiques qui tournent en boucle. Une sorte d’appauvrissement des idées par la base, en quelque sorte.


QUAND LE DISCO LARGUE SES AMARRES…

Si sur scène les chansons disco partagent leur sort entre tenue vestimentaire, chant et danse, pour que le produit prenne, le cocktail doit être explosif. La France n’a pas été la seule à capter toute l’importance de ce mouvement, l’Europe entière subira cette manne économique, notamment l’Italie et l’Allemagne qui ont largement contribués à son rayonnement.

Le groupe d'origine allemande Boney M avec leurs chansons « Daddy Cool » (1976), « Sunny » (1976) ou « Rasputtin » (1978) est le parfait exemple de cette réussite. Mais ici, l’exploit n’est pas tant dans le succès des chansons, mais dans la façon d’avoir mis en place un groupe monté de toutes pièces. Par exemple, contrairement aux apparences, la voix masculine de Boney M que l’on entend n’est pas celle du chanteur Bobby Farrell mais celle du producteur Frank Farian. Cette particularité, qui est loin d’être un cas isolé, restera un temps confidentiel (le stratagème sera révélé au public bien des années après) ; c’était une sorte de cuisine intra-muros que les studios d’enregistrement toléraient pour peu que cela aient des retombées économiques.

En fait, Boney M est un pur produit de marketing à 100%, une nouvelle façon de fabriquer pour faire vendre et qui allait faire des émules dans d’autres productions de l’époque. Le groupe Village People, qui cherchera à jouer avec une image virile et précieuse, sera aussi une affaire de marketing ; chaque chanteur ayant un « rôle folklorique » à défendre, de l’ouvrier à l’indien en passant par le cow-boy n ou le motard. « YMCA » en 1978 et « Macho Man » en 1979 seront leurs plus gros succès.

Venu de Suède, le groupe Abba portera par contre un tout autre regard sur la musique disco. Fraîcheur, gaieté, spontanéité, amour, les quatre de Abba apporte un rayon de soleil venu tout droit du Nord de l’Europe. Deux ans après leur premier succès mérité « Waterloo » (prix Eurovision 1974), la chanson « Dancing Queen » tourne sur les platines et propose son doux parfum hérité du disco. Le groupe suit son bonhomme de chemin en ne renonçant pas à leur style basé sur des arrangements musicaux très soignés ; ceux-là même qui leur ont valu une réputation à l’international. Le groupe produira six albums avec le même soucis du détail et autant de succès : « Mama Mia » (1975), « Fernando » (1976), « Dimme Gimme Gimme », « Take A Chance on Me » et « Voulez-vous » (1979).


MAIS D’OÙ VIENT LE DISCO ?

De toute évidence, ses racines sont à rechercher du côté des musiques afro-américaines. La soul music, le funk, le rhythm and blues, c’est-à-dire à travers des artistes comme James Brown, Otis Redding ou Aretha Franklin. Face à l’appétit féroce des Blancs qui cherchent une fois de plus à exploiter la créativité des Noirs, ces derniers chercheront à se protéger davantage pour que leurs idées ne soient pas toujours exploitées à leur dépend. Ce sera le cas avec Barry White qui apportera à la musique disco un style et une esthétique très marquée.

À la tête d’un grand orchestre avec ensemble à cordes (le Love Unlimited Orchestra), le compositeur signera un instrumental sophistiqué qui fera date en 1974 : « Love’s Theme », un instrumental qui porte déjà en lui toute l’empreinte de la musique disco. L’autre facette de l’imposant personnage sera sa voix sensuelle et profondément rocailleuse. Le public la découvrira à travers des titres comme : « Can’t Get Enough of Your Love, Babe » (1974) ou « Let The Music Play » (1975).


THE LOVE UNLIMITED ORCHESTRA : LOVE'S THEME
Une version chantée et assez méconnue de l'instrumental composé par Barry White

Les plus septiques d’entre nous reconnaîtront peut-être qu’entre la soul sophistiqué de Barry White (ou celle de Marvin Gaye) et certaines chansons estampillées « disco » la frontière est très mince : une orchestration voisine, des lignes mélodiques et rythmiques assez semblables… Seul peut-être le côté « fleur bleue » des titres disco pourraient vraiment apporter une explication.

Or, pour les spécialistes, le vrai départ du mouvement interviendra en réalité quand les disc-jockeys trouveront matière à exploiter le filon. L’idée centrale de ces rois de la nuit étant de soulever les foules, des titres naîtront de cette volonté, même les plus improbables. Rien n’y résistera, même pas la mode "kung fu" qui trouvera en Carl Douglas son « chanteur disco délégué » avec « Kung fu Fighting » (1974).


LES REINES DU DISCO ET LE SEXE

La première révélation féminine du disco sera la chanteuse Gloria Gaynor. Celle-ci devient rapidement la « Reine du disco » avec son album « Never Can Say Goodbye » (1975), un album qui fera date en proposant le format idéal pour tout animateur de discothèque : le premier 30 cm non-stop ! Avec elle s’impose le rythme si caractéristique de la batterie disco : le charleston ouvert/fermé et sa grosse caisse sur tous les temps. Ce rythme-là, très reconnaissable, viendra aimanter de nombreux titres comme un banal copier/coller.

Sa rivale, installée à Munich, et qui a pour nom Donna Summer, apporte quant à elle ce que n’a su ou voulu exploiter Gloria Gaynor : la sexualité. Il suffit d’écouter son « Love to Love You Baby » (1975) pour deviner qu'avec Donna Summer la féminité rime avec provocation assumée !


DONNA SUMMER : LOVE TO LOVE YOU BABY (version non maxi 45 tours)

Il est bien évident que la musique disco ne pouvait faire l’impasse sur la libération sexuelle des années 70, d’autant que le cinéma ouvrait déjà en grand ses portes aux films érotiques (et pornographiques). Le compositeur et producteur allemand Giorgio Moroder, qui est à l’initiative de ce « Love to Love You Baby », incorporera volontairement l’idée du sexe au premier plan.

Donna Summer campe le personnage et la magie prend. « Je pensais à Marylin Monroe » dira-t-elle. Résultat : peu de mots et une voix sirupeuse avec beaucoup d’effets pour exprimer le plaisir, le désir… durant 17 mn ! Le succès sera planétaire et lancera la carrière de la chanteuse. Citons « Could It Be Magic » (1976), « I Feel Love » (1977) et « Hot Stuff » (1979) comme autres grands succès de sa carrière.

Si Donna Summer devient la première diva du disco, la musique amorce avec elle un nouveau tournant, certainement plus charnel. D’autres chanteuses et non des moindres chercheront à la concurrencer sur ce terrain-là. Diana Ross est sans contexte l’une de ces autres héroïnes de la nuit.

La chanteuse échappée des Supremes montrera une autre sensualité en apportant une sorte de candeur et d’à-propos dans ses interprétations (« Love Hangover » - 1976). Toutefois, n’oublions pas que d’une façon bien plus directe, la chanteuse Nona Hendryx du groupe LaBelle chantant « Voulez-vous coucher avec moi ? » (« Lady Marmelade » - 1974), avait déjà démontré à travers cette courte proposition toute la place accordée à la sexualité. Tout est peut-être dans cet ascendant direct ; dans ce « désir » de l’époque qui répond à une attente du public, entre provocation, scandale et interdit, sans jamais oser le réclamer vraiment.


LE DISCO ET LA FIN DE L’HISTOIRE

En 1978, le disco est à son apogée. Des radios spécialisés naissent aux États-Unis comme ‘Disco 92’ à New York, une station qui diffuse des programmes 24h/24. La musique disco serait-elle un mal ou un bien aphrodisiaque ? Non, plutôt un objet de consommation ! Avec ses normes, ses projections et ses limites. La musique disco n’est pas faite pour être entendue religieusement, car sa place se trouve là où scintille la nuit, principalement dans les night-clubs.

Malheureusement les nombreuses productions venues d’Europe, des États-Unis comme d’Amérique du Sud ou d’Asie, et qui ont toutes la prétention de détenir le nouveau tube en puissance, feront plus de mal que de bien à la pérennité du mouvement. Des groupes, des artistes naissent, font un « coup médiatique » et disparaissent aussitôt avant même que le public ne retienne leur nom. Dès lors, une lassitude s’installe auprès des programmeurs, des décideurs, de la presse spécialisée, mais aussi du public.

La surabondance des produits de mauvaise qualité qui se découpe en tranches, sans trop d’imagination, face à quelques-uns qui sortent du lot, précipitera le déclin du disco. À Chicago, en 1979, un mouvement baptisé le « Disco Sucks » (Le disco, ça craint !) donnera même naissance à une rébellion anti-disco appelant à casser un maximum de disques disco dans un stade de football.

Au tournant des années 80, la musique disco se meurt lentement au moment même où les États-Unis partent en croisade contre l’homosexualité et en prônant le retour d’un certain puritanisme. Le disco devient un vilain mot qu’il faut écarter du vocabulaire.

Le déclin du mouvement envahit aussi l'Europe, et l'arrivée du SIDA au début des années 80 accentue sa mauvaise image. Les gays qui défendaient ce mouvement sont alors visés directement, tandis que le chômage et le marasme économique produisent d’autres effets néfastes sur le mental de la population. Les gens de la nuit désertent petit à petit les boîtes de nuit. Celles-ci se vident, des lieux courus ferment, et le plaisir de danser s’éloigne par la même occasion.

Après quelques années de mise à l’écart, le disco revient dans les années 90. Certains spécialistes pensent que rien n’arrêtera le disco. Il est vrai qu’à certains égards la musique disco est devenue comme un promontoire dans l’histoire des musiques actuelles en renaissant sous différentes formes. Aujourd’hui, même après le déferlement de la « French Touch » des années 2000, il n’est pas rare d’écouter en discothèque des musiques héritées du disco. En fait, dans sa façon de conduire la musique, de la pulser, le disco a certainement inventé une musique intemporelle et certainement gagnante à long terme ; une musique qui semble désormais être sortie des murs qui l'avaient enfermés.

Par Elian Jougla (Cadence Info - 11/2018)


À CONSULTER

LE DICO DU DISCO (livre)

LA MUSIQUE DISCO, ENTRE FIÈVRE, MODE ET RYTHME