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CHANSON



BURT BACCAHRACH, BIOGRAPHIE PORTRAIT DU COMPOSITEUR

Si le nom de Burt Bacharach ne vous dit rien, celui-ci est pourtant associé à une longue suite de hits des années 60/70 ; des tubes éternels qui soutiendront la carrière d'un grand nombres d’artistes américains (Dionne Warwick, The Carpenters, Tom Jones, Aretha Franklin, Barbra Steisand, Diana Krall…) mais aussi français (Claude François, Sacha Distel, Mireille Mathieu…).


LA RENCONTRE BURT BACHARACH & HAL DAVID

Le nom de Burt Bacharach est indissociable de Hal David, parolier avec lequel le compositeur a signé un grand nombre de tubes durant les années 60 et 70. Leur rencontre, en 1957, ressemblera à un coup de foudre, et si Burt est alors le chef d’orchestre de Marlene Dietrich, il sait déjà que sa conception du « song » épouse parfaitement les idées de Hal.

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Pour ces deux artistes, la créativité se déroulait au Brill Building, un immeuble situé au 1619 sur Broadway, à New York. Un sanctuaire pour beaucoup d’auteurs et de compositeurs qui pondaient là des chansons à tour de bras. Tout comme leurs voisins, Barry & Greenwich et Goffin & King, Burt et Hal constituaient un tandem solide, aussi solide que le furent Rodgers & Hart avant la guerre en signant « Blue Moon » ou « Spring Is here ».

Si les premiers pas sont hésitants, malgré les interprétations de quelques titres chantés par Mel Tormé et Johnny Mathis, la révélation de leur talent arrivera aux oreilles du public à travers la chanson « Walk On by » (1964) chantée par son ambassadrice Dionne Warwick.

Dès lors, tout va s’enchaîner très vite, et au cœur des années 60, Burt et Hal finissent par sensibiliser le milieu de la pop et de la soul. En 1970, le duo formé par Karen et Richard Carpenters deviennent à leur tour les prétendants d’une longue liste d’artistes qui n’en finit pas de grossir. Leur interprétation de l’immortel « Close To You », leur permettra d’atteindre une popularité internationale.


THE CARPENTERS : CLOSE TO YOU

Il existe une veine sentimentale dans ce « Close To You » tout comme dans le « Walk On by » que le duo reprendra également à son compte et à sa façon. Les chansons écrites par Burt Bacharach et Hal David sont à rapprocher de la « variété française » dans ce qu’elle a de populaire, mais sans toutefois tomber dans une facilité quelconque. Aujourd’hui, nous dirions qu’elles sont devenues kitsch dans le bon sens du terme avec son brin de nostalgie.

Ce qui est remarquable, c’est la façon par laquelle chaque interprète a su se saisir de l’univers du compositeur. Les voix de Dionne Warwick, Karen Carpenters, d’Aretha Franklin ou de Tom Jones, pourtant si différentes, semblent avoir été cousues pour eux, tellement leurs interprétations s'emparent de la moindre note. Il existe comme un sentiment de force et de délicatesse, voire d’abandon, une qualité indispensable, mais exprimée avec tant de naturel qu'elle ne peut que mettre en valeur le chanteur ou la chanteuse comme ses auteurs.

Y aurait-il des secrets de fabrication dans tout cela ? Certainement ! Mais au fond, ne vaut-il pas mieux les ignorer et se laisser capturer à leurs dépends ? Quand on écoute pour la première fois la chanson « Odds and Ends » chantée par Dionne Warwich, l’écriture musicale de Bacharach nous entraîne dans un dédale harmonique qui enchaîne ruptures et relances. D’emblée, le convenu ne semble pas être le maître-mot de cette chanson, et pourtant le compositeur veille à habiller sa musique d’une grande légèreté et innocence, même si le texte ne s’y prête guère (« Odds and Ends » décrit la fin d'une histoire d’amour) ; le talent de Dionne Warwick faisant le reste.


DIONNE WARWICK : ODDS AND ENDS

LE STYLE BACHARACH

À plus d’un titre, le duo Bacharach/Davis sera reconnu et honoré par toute la profession comme il se doit. De nombreuses chansons auront droit à de multiples versions avec des arrangements et des interprétations allant du rhythm and blues au rock en passant par le jazz, la country et le folk.

C’est dans cette façon de naviguer dans les styles, dans le raffinement des mélodies, dans la façon d’aborder chaque chanson que Burt Bacharach possède une grande force. Ce n’est pas seulement un « faiseur de tubes », mais un musicien qui a su se renouveler et donner à la plupart de ses musiques des intonations et des constructions très personnelles tout en conservant au mot « chanson » ses lettres de noblesse.

En écoutant ces belles mélodies intemporelles, nous remontons aussitôt dans le temps, à une époque où la sens de la mélodie avait justement un sens, une force identitaire qui se reconnaissait dès les premières notes. Cela semble évident, pourant cela ne l’est point !

Burt Bacharach fait en sorte que la mélodie puisse se siffler ou se chantonner. À ce titre son « Raindrops Keep Falling On My Head » que Sacha Distel reprendra en français sous le titre « Toute la pluie tombe sur moi » et qui sera adapté au cinéma dans le film Butch Cassidy and the Sundance Kid en 1969 par Billy Joe Thomas, n’oppose aucune résistance à être mémorisé par le commun des mortels. Une facilité déconcertante qui grisera plus d'un compositeur de chansons.


BILLY JOE THOMAS : RAINDROPS KEEP FALLING ON MY HEAD

Le cinéma, il en sera question à d’autres reprises. La chanson « What’s New Pussycat ? » chantée par la voix puissante de Tom Jones (1965) servira de générique pour le film portant le même nom. De même, dans un autre registre, « The Look of Love » (1967) du film Casino Royale aura droit à une adaptation en français par Mireille Mathieu sous le titre « Les yeux de l’amour » ; une ballade sombre que la chanteuse et pianiste de jazz Diana Krall mettra à son répertoire en 1998 (album « When I Look in Your Eyes »). Citons encore les titres éponymes des films « The Man Who Shot Liberty Valance » (1962) par Gene Pitney et la romance « Alfie » (1966) par la chanteuse Cilla Black.

Toutes ces chansons sont en accord avec l’ambiance générale de ces films. Point de « fausses notes » à l’horizon, car Burt Bacharach mettait un point d’honneur à tout contrôler : arrangement, orchestration, direction d'orchestre et production. Sous son nom, il a publié quelques albums qui méritent d’être découverts : « Burt Bacharach » (1971), « Living Together » (1974), « Woman » (1979), « Burt Bacharach: Live at the Sydney Opera House Together » with the Sydney Symphony Orchestra (2008).

Si à partir des années 80, sa carrière décline quelque peu et s’il s’égare en jouant la carte exotique (d’autres ont fait pire), Burt Bacharach aura surtout démontré que la chanson peut être sophistiquée tout en demeurant abordable par le plus grand nombre, une simplicité doublé d’une qualité d’écriture peu courante et qui mérite d’être soulignée ici à juste titre.


LES PRINCIPAUX SUCCÈS DE BURT BACHARACH

  • 1962. The Shirelles : Baby, It's You
  • 1962. Dionne Warwick : Don't Make Me Over
  • 1962. Jerry Butler : Make it Easy On Yourself
  • 1963. Gene Pitney : Twenty-Four Hours From Tulsa
  • 1963. Bobby Vinton : Blue on Blue
  • 1963. Dionne Warwick : Anyone Who Had a Heart
  • 1963. Jack Jones : Wives and Lovers
  • 1964. Dionne Warwick : Walk On By
  • 1964. Dusty Springfield  : Wishin' and Hopin'
  • 1964. Sandie Shaw : (There's) Always Something There to Remind Me
  • 1964. Dionne Warwick : A House is Not a Home
  • 1965. Jackie DeShannon : What the World Needs Now Is Love
  • 1966. Dionne Warwick : I Say a Little Prayer For You
  • 1967. Herb Alpert & the Tijuana Brass : This Guy's in Love With You
  • 1968. Jill O'Hara : Promises, Promises
  • 1968. Dionne Warwick : Do You Know the Way to San José
  • 1969. Dionne Warwick : I'll Never Fall in Love Again (de la comédie musicale Promises, Promises)
  • 1970. The Carpenters : (They Long to Be) Close to You
  • 1970. The 5th Dimension : One Less Bell to Answer
  • 1973. The Stylistics : You'll Never Get to Heaven
  • 1986. Patti LaBelle et Michael McDonald : On My Own
  • 1986. Dionne Warwick, Stevie Wonder, Gladys Knight et Elton John : That's What Friends Are For

AU CINÉMA

  • The Man Who Shot Liberty Valance (1962, par Gene Pitney. Extrait du film éponyme)
  • What's New Pussycat? (1965, par Tom Jones 1965. Extrait du film éponyme)
  • Alfie (1966, par Cilla Black. Extrait du film éponyme)
  • The Look of Love, du film Casino Royale (1967, par Dusty Springfield)
  • Raindrops Keep Fallin' on My Head, du film Butch Cassidy and the Sundance Kid (1969, par B.J. Thomas)
  • Arthur's Theme (Best That You Can Do), du film Arthur (1981, par Christopher Cross)
  • That's What Friends Are For, du film Night Shift (1982, par Rod Stewart)

Par Elian Jougla (Cadence Info - 04/2018)

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